22.10.2007
Le cas Moati

Serge Moati anime l'émission Ripostes sur France 5 depuis si longtemps qu'on est en droit de se demander s'il dérange quelqu'un. Dans le bon sens du terme évidemment...
Schneidermann viré, lui reste, invitant quasiment tout le temps les mêmes invités, désinvitant également les mêmes (Alain Soral deux fois notamment, nous avions eu l'occasion d'en parler).
Justement, dans Ripostes du 21 octobre 2007, Serge Moati n'a pu s'empêcher, à l'encontre d'une règle de déontologie la plus élémentaire, de faire de la publicité pour le livre d'une de ses collaboratrices. Et, ô miracle, devinez de qui il s'agit... ? Gagné, la jeune Jenifer Schwartz, la même qui avait désinvité deux fois de suite Alain Soral, on sait dans quelles conditions. Pas bien M. Moati, la télé de service public, ce sont d'autres valeurs que le copinage, et votre "cocorico" pour présenter son livre était vraiment des plus malvenus. A moins que vous ne touchiez sur les ventes dudit livre, là ce serait différent bien évidemment. Et je passe sur le fait qu'Alain Finkielkraut était encore votre invité, comme lors d'une des deux émissions où Alain Soral avait été désinvité.
Par ailleurs, ce cher Serge Moati a pu, très tranquillement, être l'animateur principal du meeting au Zénith d'il y a une semaine, vous savez celui contre l'amendement ADN organisé par le PS. Alain Duhamel avait été mis à pied pour moins que ça, mais le camp qu'il soutenait n'était pas de gauche. Et ça change tout, ben oui.
Alors bon, moi je veux bien, mais uniquement parce que je sais que la télé publique est morte depuis belle lurette, si je n'étais pas prévenu je me serais une fois de plus indigné.
Addendum : cet article a été transmis à @rretsurimages.net
23:30 Publié dans Serge Moati | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.03.2007
Affaire Soral / Besancenot : riposte d'Alain Soral
Après s'être entretenu longuement avec moi de sa double désinvitation de l'émission Ripostes, Alain Soral s'explique cette fois en vidéo. Pour entendre ce qu'il aurait dû dire sur la télévision de service public, mais dont il a été empêché, cliquez sur la vidéo.
16:35 Publié dans Serge Moati | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
11.03.2007
Interview exclusive d'Alain Soral
Le 25 février 2007 a lieu une émission de Ripostes, sur France 5, sur les intellectuels en campagne. Alain Soral est sollicité par Jennifer Schwartz de l’équipe de Ripostes pour savoir s'il serait disponible pour cette émission. Finalement après une discussion au téléphone avec lui, elle refusera de l'inviter à cette émission, je lui ai demandé pourquoi et elle m’a répondu qu'Alain Soral était "trop caricatural, trop sulfureux et surtout qu'il n'était pas à la hauteur des autres intellectuels invités sur le plateau".
Qui étaient ces intellectuels ? Deux soutiens à Ségolène Royal, Benjamin Stora et Philippe Sollers, un soutien à Nicolas Sarkozy, Alain Minc, un soutien à l’extrême-gauche, Dan Franck, un soutien à François Bayrou, Jean-François Kahn, et Alain Finkielkraut, qui s’est exprimé clairement contre Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen, et plutôt pour Sarkozy et Bayrou. Donc il n’y avait pas d’intellectuel soutenant le Front National, dont le candidat était pourtant présent au 2nd tour en 2002, alors qu’il y avait deux soutiens au PS, dont le candidat n’était pourtant pas présent à ce 2nd tour, sans parler des autres courants qui ont tous fait moins de la moitié du Front National.
Mme Schwartz m’a expliqué n’avoir pas cherché à inviter un autre intellectuel soutenant le Front National. Elle m’a par ailleurs assuré que cette décision de ne pas inviter Alain Soral relevait du choix de la rédaction de Ripostes, et pas de celui d’autres invités à cette émission.
Mais Mme Schwarz m’a assuré que tout cela rentrerait dans l’ordre, puisqu'Alain Soral serait invité ce dimanche 11 mars pour une autre émission, en face d’Olivier Besancenot cette fois. Or Alain Soral a bien été invité, ce qu'il vient de révéler sur son site Internet, mais pour la deuxième fois il a été annulé, cette fois parce que son principal contradicteur, Olivier Besancenot, a refusé de débattre avec lui, ce qui est son droit. Par contre, cette fois le Front National sera bien présent sur le plateau, via son secrétaire général Louis Alliot. Après avoir rappelé Mme Schwartz, j’ai par ailleurs été informé du fait que la LICRA (Ligue Contre le Racisme et l’Antisémitisme) avait "contacté la chaîne" pour les informer qu'Alain Soral avait un procès, qui se déroulera le 16 mars prochain. La LICRA, via son secrétaire général que j’ai eu en ligne, dément d’ailleurs avoir contacté la chaîne, je cite, « parce que l’insignifiance d’Alain Soral nous interdit de lui faire la moindre publicité et de nous préoccuper de ce bonhomme. »
(nous vous prions de nous excuser pour les quelques interruptions dans cette interview de presque une heure)
00:40 Publié dans Serge Moati | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : Alain Soral désinvitation ripostes tué télé publique
27.02.2007
Concernant Ripostes du 25.02.2007
copie Arrêts sur Image
copie Alain Soral
copie Médiateur de France 5
copie blog du livre "Ils ont tué la télé publique"
(http://telepublique.blogspirit.com)
Cher M. Moati,
Je vous écris car j'ai été très troublé par votre émission "Ripostes" de ce dimanche 25 février 2007.
Cette émission, consacrée aux intellectuels dans la campagne, a rassemblé des intellectuels défendant, plus ou moins directement, les courants politiques les plus représentatifs du peuple français.
Sauf un : celui du Front National.
Pendant toute l'émission, je me suis interrogé sur cette absence pour le moins remarquable, jusqu'au moment où vous avez eu ces propos, en gros pourquoi personne ne parle de Le Pen dans cette émission ?
A cet instant, je me suis dit que tout cela serait clarifié, et que vous expliqueriez aux téléspectateurs si un intellectuel proche du Front National, comme Alain Soral ou un autre, avait été invité mais avait décliné l'invitation par exemple. J'ai pris l'habitude de cette transparence et de cette honnêteté envers le téléspectateur depuis que je regarde fidèlement l'émission de votre confrère Daniel Schneidermann, Arrêt sur Images.
Lui le fait régulièrement. Or vous ne l'avez pas fait. J'en ai donc conclu que vous n'aviez tout simplement pas pensé à inviter un tel intellectuel, ce qui serait scandaleux.
Mais je suis journaliste, et j'ai donc voulu vérifier cela, en m'adressant directement à celui qui a été excommunié, banni, lynché et exclu de Science-Po, entre autres, pour ses idées, que je ne partage pas toutes d'ailleurs évidemment, loin de là, tout comme celle du FN. Le Front National n'est pas un parti illégal, il n'a jamais été dissous, et si je ne partage pas ses idées je me battrai pour qu'il puisse les exprimer.
M. Soral vient de me répondre qu'un membre de votre équipe l'a contacté pour l'inviter, invitation qu'il a acceptée, puis ce membre de votre équipe l'a rappelé en annulant cette invitation, en expliquant qu'elle risquait de générer des vagues auprès des autres intervenants.
Si cette version des faits est vraie, et je n'ai pas de raison de mettre en cause la parole de M. Soral, elle est proprement indigne de la télévision de service public pour laquelle vous travaillez, qui vous rémunère, et que nous finançons tous, nous les citoyens français. Tous, y compris ceux qui ne paient pas la redevance, puisque nous payons tous des taxes à l'Etat, et c'est l'Etat qui finance en majorité France Télévisions.
Cette censure est d'autant plus choquante que nous nous trouvons à exactement deux mois de l'élection présidentielle, comme vous le savez très bien.
Je m'interroge sur la relation entre cette censure, je ne vois pas d'autre terme, et les reproches qui avaient été formulés contre vous suite à votre commentaire sur M. Le Pen en novembre 2006.
Je vous cite, dans le Journal du Dimanche vous avez trouvé Le Pen "sympathique, marrant et cultivé". "Il a quelque chose de ces grands bonshommes que l'Histoire traverse et qui traversent l'histoire".
"C'est un grand orateur et, comme je suis sensible au verbe pour avoir beaucoup travaillé avec Mitterrand, je peux me laisser embarquer". Et vous ajoutiez : "Non seulement on ne gagne rien à diaboliser l'homme d'extrême droite mais on aurait du l'écouter. Il a été le premier à parler de la dissolution de l'identité française, de l'Europe qui prend le pas sur la France où ne se prennent plus les décisions qui la concernent, de l'appauvrissement, de la fragilité des classes moyennes d'ouvriers et d'employés, qui massivement sont allée le rejoindre. Je ne suis évidemment pas d'accord avec les conclusions qu'il en tire mais on doit réfléchir à tout cela..."
M. Moati, pourquoi n'avoir pas invité M. Soral sur votre plateau, alors que le candidat qu'il soutient était au 2ème tour de l'élection présidentielle ?
M. Moati, pourquoi avoir invité deux intellectuels qui soutiennent pleinement la candidate d'un parti qui n'était pas au 2ème tour de l'élection présidentielle ?
M. Moati, pourquoi n'avoir pas informé les téléspectateurs du fait que vous aviez d'abord invité M. Soral, puis annulé cette invitation sous la pression du chantage des autres invités, si tel est effectivement le cas ?
Je vous remercie pour votre réponse que vous m'enverrez, j'espère.
Jean Robin
Auteur d' "Ils ont tué la télé publique"
Gérant des éditions Tatamis
22:21 Publié dans Serge Moati | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

