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26.10.2007
Rama Yade est partout

Surprise ce soir, Rama Yade est l'invitée en plateau du JT du 19-20 de France 3, et 20 minutes plus tard elle est l'invitée en plateau du JT de 20h de France 2 !
Je ne me souviens pas qu'un tel passage d'un plateau à un autre ait déjà eu lieu, sauf évidemment lors des soirées électorales. Nouvelles méthodes médiatiques sarkozystes oblige, c'est la soirée électorale tous les soirs, d'ailleurs le chef de l'Etat est tous les jours dans les JT, et les journalistes sont si suivistes qu'ils ne peuvent s'empêcher de le suivre partout où il va.
Quant à Rama Yade, comment douter du fait qu'elle ait été choisie pour son apparence, si c'est pour être sur tous les plateaux le même soir ?
20:04 Publié dans JT | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


Commentaires
"Rama Yade est partout" et "Je suis partout" : pretendrez-vous, JEAN, que vous avez choisi ce titre par hasard ? Je sais que vous choisissez vos mots soigneusement. Je ne vous croirai pas si vous me dites que vous n'avez voulu etablir aucun rapport avec l'Histoire, en particulier apres votre article sur FRANCE 3 et vos reference a la Resistance.
Mais votre reponse sera interessante, evidemment...
Ecrit par : frederic | 27.10.2007
Alors Frédéric,
Oui vous avez bien lu, comme les lecteurs de Philippe Muray avaient bien lu "Je souris partout" pour qualifier Ségolène Royal.
Ecrit par : Jean Robin | 27.10.2007
on voit aussi raffarin partout, est'ce pour son physique...
Ecrit par : tartempion | 28.10.2007
Non, pas plus que Laurent Ruquier.
Je n'ai pas dit que les gens plus beaux passaient plus que les plus laids à la télévision, mais c'est pourtant vrai.
Après, il y a des exceptions pour confirmer la règle.
Règle qui, d'alleurs, n'est pas vraie que pour la télé : il s'agit d'une des premières sources de discrimination, au moins aussi importante que le racisme, je vous renvoie au dossier paru dans l'Express à ce sujet :
"La beauté, une clef sociale
Une psychologue française, Scania de Schonen, directrice de recherche au CNRS, s'est livrée sur des nourrissons âgés de trois jours à l'expérience suivante: elle a fait défiler devant leurs yeux, sur un écran, des photos de visages féminins qui, préalablement testés auprès d'un groupe d'adultes, étaient considérés comme beaux et séduisants par opposition à d'autres. Le résultat est étonnant, presque glaçant: “Dès trois jours, raconte-t-elle, les bébés fixent plus longtemps les jolis visages que les autres. ” C'est l'insondable pouvoir de la beauté. Par quels sortilèges les humains succombent-ils à l'arrondi d'un sourcil, à la courbe d'une lèvre, au dessin d'une nuque, à la perfection d'un ovale, à l'harmonie d'un profil? Si même de tout petits bébés sont sensibles à l'esthétique, qu'en est-il de nous?
On peut le dire en deux mots: nous sommes à genoux. Fascinés. Ligotés. Parfaitement inhibés, désamorcés, neutralisés, sous l'empire des belles personnes des deux sexes. Plus que nous ne l'admettons. Beaucoup plus que nous ne l'imaginons. Et cette soumission, quand elle ne nous fait pas perdre le nord, nous égare dans notre perception, et nous rend assez grossièrement injustes. Dès la maternelle et jusqu'aux maisons de retraite, nous traitons mal les moches, et nous encensons les beaux comme s'ils étaient responsables de leur physique, comme si ces traits reflétaient leur âme, leur caractère et leurs compétences. “Et si l'apparence physique était l'un des facteurs les plus insidieux* de discrimination sociale et de reproduction des inégalités? ” demande le sociologue Jean-François Amadieu, dans un livre passionnant, Le Poids des apparences (Odile Jacob).
“La beauté est une meilleure recommandation que n'importe quelle lettre”, observait Aristote. A l'heure où, comme le souligne le politologue Jean-Marie Cotteret, les grands de ce monde sont taraudés* par une question existentielle - “Est-ce que je passe bien à la télé? ” - on se plie sans barguigner* à l'injonction sociale assénée par la pub: “Sois beau! ” Les slogans vont plus loin - “Adieu les peaux sèches, bonjour les caresses” (Garnier): ils sous-entendent que la beauté est un passeport pour la tendresse, le sexe, l'amour, la réussite et la fortune. La sagesse populaire, depuis des millénaires, enseigne de ne pas s'y fier - “Tout le monde sait que la beauté est belle, voilà à quoi tient sa laideur” (Lao-Tseu*). Pourtant, c'est vrai: la beauté est une clef sociale. Même si l'hypocrisie règne. Même si, dans cette société schizophrène, on condamne les idéologies exaltant la beauté physique tout en cédant collectivement à l'obsession du look. Même si, alors que l'un des sports favoris des Français consiste à gloser* sur le physique d'autrui, le Parlement a voté, le 16 novembre 2001, une modification du Code du travail qui interdit toute discrimination fondée “sur l'apparence physique”, outre l'âge, le sexe, la race, etc. Désormais, un candidat refoulé à l'embauche parce qu'il n'a pas le physique de l'emploi - ou parce que sa tête ne revient pas au recruteur - pourra traîner l'employeur fautif devant les tribunaux. S'il parvient à prouver qu'on ne veut pas de lui parce qu'il est trop gros, trop petit, trop vilain. Pas facile, en vérité. Car c'est rarement dit. Sauf dans le dos des gens concernés. […]
Pourtant, il faut torturer les professionnels du recrutement pour qu'ils reconnaissent que le physique compte. “Il ne m'est jamais arrivé d'exclure un candidat parce qu'il était trop laid, trop petit ou trop chauve, affirme une chasseuse de têtes, Marie K., mais, une fois, j'ai proposé à une compagnie d'assurances une fille qui avait un bras plus court que l'autre: elle a été éliminée d'emblée. ” Une consultante en recrutement du nord de la France raconte qu'elle a reçu un coup de téléphone furieux de l'un de ses clients, une banque, à qui elle avait envoyé une femme trop ronde pour un poste de chargée de clientèle: “Avez-vous pensé à l'image de notre banque? ”
[…]Dans tous les métiers dits “de contact” avec le public - commerciaux, assistantes, etc. - on préfère les beaux et on écarte les candidats qui ne correspondent pas aux standards. “Les femmes doivent être jolies, mais aussi très féminines, souligne la psychologue Loubna Romer qui, elle-même conseillère en recrutement, prépare un doctorat sur le sujet. Quant aux hommes, s'ils ont un physique disgracieux, ils ne passeront pas. ” […] Par quel aveuglement se laisse-t-on influencer par des critères aussi triviaux qu'un physique avantageux ? “La plupart des spécialistes du recrutement n'en ont pas conscience, affirme Loubna Romer. Ils ne se rendent pas compte qu'ils commettent une injustice. […] Le charisme surtout, c'est le grand truc. ” […]
Car il est là, le vrai pouvoir de la beauté. Il agit à notre insu."
Jacqueline Remy, Sébastien Lebourcq et Marie Cousin, L'Express du 08/08/2002
Ecrit par : Jean Robin | 28.10.2007
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