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15.05.2007

Daniel Schneidermann s'éloigne de son domaine de compétence

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Vous le savez, j'aime bien Daniel Schneidermann. Je ne rate pas un Arrêt sur Images depuis plusieurs années, je l'ai encensé dans Ils ont tué la télé publique, et il me l'a rendu ... à moitié (Libération mais pas ASI). Je ne lui en tiens pas rigueur. Son émission est l'une des meilleures du PAF, de celles qui élèvent le téléspectateur. Encore l'autre jour, il dénichait magnifiquement le plagiat d'une émission de TF1, le Droit de savoir : très fort.
Mais parfois, il sort de son domaine de compétence, les médias. Et là, il peut devenir lourd, très lourd même.
Ainsi, dérogeant aux règles déontologiques les plus strictes du service public, il se plaçait clairement dans le camp ségoléniste pendant la campagne.
Cette fois, il nous fait une sortie sur son blog sur la politique sarkozyste, sans aucun rapport avec les médias, jugez plutôt :

"Que veut-il, en draguant Kouchner ? C’est simple : tout.
Chronique de la France qui ose (2)
mardi 15 mai 2007.

Mais que veut-il, enfin ? Pourquoi prendre ce risque de faire tourner la tête des fidèles, de faire gronder Devedjian et, plus grave, dé déboussoler l’électeur de droite dans la campagne législative qui va s’ouvrir ?
Que veut-il ? Que cherche-t-il ?
A voir les images d’hier soir, diffusées par France 2, du retournement progressif de veste de Kouchner, à voir la procession des udéèffes aujourd’hui devant sa porte, je n’y comprenais rien.
Il est La Droite Décomplexée. Il est La Légitimité du Suffrage Universel Avec Taux de Participation Qui, etc. Pourquoi s’embêter la vie avec des Védrine et avec des centristes ?
Très simple. On dirait qu’il veut tout. Qu’il cherche à être Tout.
Il veut occuper toute la scène.
Il ne veut pas de successeur à l’UMP. Il veut un président de l’Assemblée doté d’une ligne téléphonique performante.
On dirait qu’il veut être au centre de toutes les questions, de toutes les louanges, de toutes les anathèmes.
Et sur la scène politique, on dirait qu’il veut dépouiller ses trois principaux adversaires de la présidentielle de tous leurs oripeaux.
Avec le Front National, l’opération a magnifiquement réussi avant même l’élection. Le Pen a été dépouillé de ses thèmes, de ses mots, de ses électeurs. Affaire réglée.
L’opération continue. Il s’agit maintenant de dépouiller le PS du maximum de figures emblématiques possibles. On piquera tout ce qu’on pourra, pourvu que ça brille. Ainsi seulement s’explique le mouvement de balancier, apparemment incohérent et erratique, auquel est actuellement soumis le Quai d’Orsay. Pensez que l’on hésita (que l’on hésite encore ?) entre Kouchner et Védrine, c’est à dire entre l’eau et le feu, entre le coup de gueule au 20 Heures et la froide raison d’Etat. Mais aux yeux de Sarkozy, Kouchner et Védrine sont interchangeables. Tous deux ont le même (et unique) avantage : ce sont des prises flamboyantes à l’adversaire. Prises imaginaires ? Sans doute. Ni Kouchner ni Védrine ne sont indispensables à la reconstruction socialiste (si elle doit exister un jour). Mais scintillantes, c’est l’essentiel. Pauvre Jean-Marie Bockel qui, à en croire Le Parisien, attend à côté de son téléphone. Il risque d’attendre longtemps. Pas assez scintillant, Bockel. Pas assez de notoriété spontanée, la marque.
Pour autant, on n’oublie pas de détrousser le cadavre de Bayrou. On ne le détrousse pas seulement de ses hommes, pauvres petits centristes à lé dérive. Ce ne serait rien. Un Morin de perdu, dix de retrouvés. On le dépouille du slogan qui fit sa force : "prendre les meilleurs dans chaque camp, et les faire travailler ensemble". Que lui restera-t-il, à Bayrou, pendant la campagne législative ? Il tentera de pousser sa chanson des présidentielles. "Sarko l’a fait", lui répondra l’écho narquois.
Avantage accessoire, pendant ce temps, pendant que tournoie dans la lumière la muleta Kouchner, on ne regarde pas ailleurs. Ailleurs ? Dans le découpage des futurs ministères, par exemple. Tenez. Il faut aller chercher dans les entrailles d’un papier du Figaro, pour apprendre que l’on hésite désormais à placer l’OFPRA (pour l’instant sous tutelle des Affaires étrangères), sous la tutelle du nouveau ministère de l’Immigration et de l’identité nationale. On y avait songé. On hésite, parait-il. Le fera-t-on ? C’est dans ces détails-là, loin du rond de lumière, que se dessinent les contours du quinquennat."

Alors je veux bien qu'il se prenne pour un résistant à France Télévisions, en effet il est plutôt entouré de sarkozystes, mais de là à s'enfermer dans ce rôle, attention aux amalgames.

Commentaires

Très rares sont les journalistes aussi 'icônisés' dénués d'opinions politiques..
-Quelques phrases sorties de leur contexte porte préjudice-

Je ne pense pas que cela soit un mal, mais plutôt une prise de position en tant que citoyen.

St*

Ecrit par : Stella | 15.05.2007

Je n'y vois pas de parti pris, il fait le constat de la personne "Nicolas Sarkozy", qui ne pense QUE médias et reflet de soi dans tout ce qu'il fait.
Si çà continue, Mitterrand va passer pour un amateur.
sdarko, c'est le premier candidat élu de la télé-réalité. Et cet écran (de fumée), fait pour l'instant illusion. Cela le rattrapera forcément un jour ou l'autre, à moins que...

Ecrit par : Sébastien | 17.05.2007