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09.04.2007

La télé publique a perdu l'occasion de faire mieux que TF1

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Une fois n'est pas coutume, le service public n'est pas meilleur que TF1. Il faut dire qu'il est souvent pire, ce blog et mon livre en attestent. Mais cette fois-ci, l'occasion rêvée s'est présentée à Françoise Laborde et à son équipe du JT de 13h de France 2, mais ils n'ont pas fait le choix de la liberté d'expression et du public, qui pourtant les rémunère grassement. De quoi s'agit-il ?

A l'instant, les invités des 5 dernières minutes du 13h étaient les humoristes Chevallier et Laspalès.
Françoise Laborde les interviewe d'une manière très tiède, il faut dire que les deux humoristes semblent plutôt apathiques par rapport à d'habitude. Ou bien sont-ils résignés ?
En effet, l'extrait que France 2 passe de leur spectacle est le plus politiquement correct qui soit, un sketche d'un gars qui vient chercher sa baguette à la boulangerie. Mais à la fin de l'entretien, Régis Laspalès indique aux téléspectateurs qu'ils font pour la première fois un sketche en relation avec l'actualité, à savoir un pastiche du duo Ségolène - Sarkozy.
On voit Françoise Laborde un peu embarrassée, mais on ne saurait dire pourquoi. Pourtant, tout porte à croire qu'elle craignait que nos deux larrons en foire partent en direct sur ce sketch, en pleine période électorale, où les deux candidats principaux des médias s'en prennent "plein la tête" pour parler poliment.
Ce que peu de gens savent, c'est que les deux humoristes avaient déjà fait ce sketche sur un plateau de télévision, celui de Cauet sur TF1, mais il a été censuré par la chaîne privée. Régis Laspalès s'en est d'ailleurs plaint, sur Europe 1 le 9 mars 2007 : "C'est choquant de voir ça de nos jours à la télévision."
La télévision publique aurait pu trouver là une excellente occasion de défendre la liberté d'expression, et le droit à la satire politique, surtout en période électorale... Mais comme la télé publique est morte, il n'en fut rien.

Voici un extrait du sketche de Régis et Laspalès, trouvé dans le magazine Entrevue de ce mois-ci :
"Philippe Chevallier (imitant Nicolas Sarkozy, alias Nicolas j'ai déjà gagné) : Je vais vous dire, si j'ai en face de moi une représentante du sexe faible, et je dirais même, en ce qui vous concerne, madame Je m'la pète, du sexe très faible, les règles de la plus élémentaire galanterie m'obligent à vous laisser commencer le débat.
Régis Laspalès (imitant Ségolène Royal, alias Ségolène J'me la pète) : Je reconnais bien là votre style, monsieur j'ai déjà gagné. Vous avez une galanterie de façade. Car vous n'ignorez pas que dans ce genre de débat, il est plus important de conclure que d'introduire!
Philippe Chevallier/Nicolas Sarkozy : Ne croyez pas ça madame Je m'la pète. Pour un homme, parvenir à introduire est très important!
Régis Laspalès/Ségolène Royal : Surtout à un certain âge
Philippe Chevallier/Nicolas Sarkozy : Oh, vous savez je ne me sens nullement visé par vos allusions quelques peu grivoises. A l'heure actuelle, je me sens très jeune, et en pleine forme.
Régis Laspalès/Ségolène Royal : Ce n'est pas ce que j'ai pu lire dans la presse, où votre femme se répand en déclarations peu flatteuses sur votre virilité.
Philippe Chevallier/Nicolas Sarkozy : Oh, mais tout le monde, madame Je m'la pète, n'a pas la chance de vivre avec un Superman du sexe, comme monsieur François Mimolette!
Régis Laspalès/Ségolène Royal : Depuis le début de la campagne, je laisse mon mar..., mon compa..., mon concugnon en dehors de tout ça, j'ai d'autres préoccupations.
Philippe Chevallier/Nicolas Sarkozy : Il doit être content de l'entendre!
Régis Laspalès/Ségolène Royal : Parfaitement, sachez que contrairement à ce qui se passe dans d'autres couples, mon mari m'obéit au doigt et à l'oeil, il est soumis à mes ordres, un modèle de docilité!
Philippe Chevallier/Nicolas Sarkozy : C'est lui qui fait la vaisselle j'imagine...
Régis Laspalès/Ségolène Royal : Nous partageons les tâches ménagères.
Philippe Chevallier/Nicolas Sarkozy : Oui, ça je sais qu'il en fait beaucoup, notamment sur son costume!
Régis Laspalès/Ségolène Royal : Je m'occupe en général de ce qui est agréable, les réceptions, les sorties culturelles, pendant qu'il aide à la maison. Il fait la vaisselle et épluche les patates, c'est un homme moderne! Pas comme vous.
Philippe Chevallier/Nicolas Sarkozy : C'est vrai que compte tenu de mes responsabilités actuelles, madame Je m'la pète, j'ai peu de temps pour me distraire avec une lavette au-dessus de l'évier!
Régis Laspalès/Ségolène Royal : C'est vrai que vous, c'est pas la lavette que vous utilisez, vous, c'est le Kärcher! Ca doit être propre chez vous!
Philippe Chevallier/Nicolas Sarkozy : Mais parfaitement Madame! C'est propre parce que je suis un homme propre, madame Je m'la pète. Je n'ai pas de taches d'huile et de sauce tomate sur mon veston comme votre compagnon quand il vient déjeûner à la cantine de l'Assemblée Nationale. Monsieur Mimolette n'a aucune tenue à table!
Régis Laspalès/Ségolène Royal : Ce n'est pas de sa faute s'il se tâche ! Il est issu d'un milieu modeste, de parents immigrés qui venaient de Hollande!
Philippe Chevallier/Nicolas Sarkozy : Mais, madame Je m'la pète, moi aussi je suis immigré, et chez moi on mangeait que des boulettes. Et on les mangeait proprement!
Régis Laspalès/Ségolène Royal : Vous êtes un spécialiste de la boulette, surtout quand vous parlez des banlieues!"

Etc. etc. Le téléspectateur qui paie sa redevance n'aura pas droit à ce sketch apparemment trop politiquement incorrect. Il n'est plus permis de rire de rien de toute façon dans cette société.