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31.03.2007

La priorité sur le service public ? Le foot!

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Il faut dire que la télé publique avait déjà démontré que le foot était plus important que le reste...

"Charles Villeneuve: "à France télévisions, ce n'est pas leur argent, c'est celui du contribuable"
Interrogé suite au fait que France 2 a dépossédé TF1 des résumés de Ligue 1 le dimanche , Charles Villeneuve juge que c'est le montant "exorbitant " proposé par France 2 qui a fait la différence.
Le directeur des sports de TF1 estime déjà hors de prix 19 millions d'euros, alors à 24 millions... Mais à France télévisions, ce n'est pas leur argent, c'est celui du contribuable ajoute-t-il..."Nous, c'est le nôtre". Selon lui, Téléfoot, c'est plus de 10 millions d'euros de pertes chaque année ! "C'est énorme. On ne peut pas faire en permanence de la mauvaise gestion".
Charles Villeneuve n'a pas l'air plus atteint que ça de la perte des résumés. En cause, la Ligue 1, dont les Français savent qu'elle est inférieure aux autres grands championnats européens. Il en prend pour preuve l'absence de club français en quart de finale de la Champion's League.
Téléfoot continuera avec Gilardi, au même horaire, et avec la même durée. Au sommaire : équipe de France, stars françaises jouant à l'étranger, Ligue des Champions...
Interrogé par l'Equipe, Daniel Bilalian dédramatise en soulignant que TF1 est donc content de ne pas l'avoir et "nous, nous sommes contents de l'avoir. Tout le monde est donc content". Il ajoute que le jeu consistant à déprecier le produit acheté par d'autres n'est ni malin, ni fair play...Selon lui, si France 2 a été choisi, c'est grâce à l'engagement pris de diffuser tous les buts de la division 2 et d'offrir des comptes rendus exhaustifs, sans impasse." Source : TVNews

30.03.2007

Télé Obs n'est pas tendre avec Daniel Schneidermann

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Décidément, le service public a du mal avec le FN en ce moment, en voici une nouvelle preuve, un papier très acide de Mikhael de Montzlov dans Télé Obs, supplément télé du Nouvel Observateur, cette semaine :

"Retour sur images 2007.
L'appréciation. Après s'être intéressé aux reporters suivant Sarko (le temps des copains, mais quelqu'un
qui nous aime tant peut-il être complètement mauvais?) et Ségo (égalité, une candidate peu tendre avec ceux qui voudraient faire mouvement contre elle; avec une envoyée du « Parisien» Ségo fut border line), « Arrêt sur images» en venait aux « embarqués» - en tout bien tout honneur - de Le Pen, or Schneidermann se lâcha, quittant son habit de décrypteur sans esprit d'exclusive, ou avec au moins des grosses velléités d'indépendance (car du côté de ses chroniqueurs, peu de risques de dépassement de ligne, ça se voit), ce midi-là notre héros figura basiquement un journaliste de « Libé » (qu'il est, ça craint...) squattant une chaîne de service public. En décrétant à la ronde que le FN n'est vraiment pas un parti comme les autres, surtout en jetant cela en plein décompte de campagne présidentielle (moment particulier, sacré) il tympanisait d'un jugement de valeur les téléspectateurs. Son beau cri du cœur mais quid du PC? De la LCR, etc. ? Et le parti islamiste, demain, il sera comme un autre monsieur l'angéliste ? se met à révéler les arrière-pensées qui ont pu présider au traitement du dossier du dimanche. Cette faute - ciblée parce que toi et « ASI » incitent à l'exigence - devrait te valoir un panpan-cucul, surtout pour le côté « sans vergogne» de ton glissement (à savoir aussi: la semaine suivante l'animateur s'entendra repris par deux fois, durement, lors d'un dossier « sondages », par le directeur d'un institut qui n'acceptera pas une petite interprétation à un autre propos, ne se laissant pas embarquer). Alors, et si même lui - trop marqué idéologiquement finalement pour tenir son ambitieuse, si louable ligne - et tant d'autres désinformaient autant que les amateurs de complots les en suspectent? Et si notre paf était modelé par de faux médiateurs? Ceux-ci, en réalité, de prosélytes gauchistes, sûrs que tout leur auditoire partage leurs vues ou se croyant pédagogues de droit divin. Des droitistes falots peu pressés de déroger au code de conduite p. correct édicté par les précédents en situation de force. Ou les plus nombreux, et le plus navrant, des ... centristes (l'hypothèse d'école aurait au moins la vertu d'apporter ['explication de la fulgurante éviction d'Alain Duhamel, ['extrême-centrisme étant à considérer aussi comme une idéologie dangereuse, et pour cause: celle de la totale non¬lucidité, d'où l'exemple - utile - fait), et qui, tous, imposèrent en douce - ou, mieux, sans vergogne - à ce pays, notamment, sa brutale « désidentité »."

29.03.2007

Un journaliste de France 2 prend fait et cause pour Sarkozy

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Après Alain Duhamel, Laurent Ruquier et Christine Ockrent, Mickaël Darmon ?

Mickaël Darmon est chef adjoint du Service de politique intérieure de France 2, il intervient dans la campagne présidentielle en interviewant les candidats à l'élection présidentielle ou leurs représentants dans l'émission "Les 4 vérités", au sein de la tranche horaire de Télématin. Je vous ai indiqué ci-après une interview de Nicolas Dupont-Aignan que j'ai trouvée sur Dailymotion.



Or, M. Darmon vient de sortir un livre sur Nicolas Sarkozy, ce qui n'est déjà pas neutre, mais en plus il chante les louanges du candidat UMP dans un article qui vient de paraître dans le "Canadian Jewish News", dont vous pouvez lire l'intégralité ici. Extraits et commentaires :

"On peut prêter à Nicolas Sarkozy le risque de quelques convictions, c’est-à-dire qu’il ne fait pas tout à l’aune d’un calcul cynique ou purement électoraliste, uniquement en fonction de ce qui rapporte des voix."
-> Un porte-parole n'aurait pas dit mieux!

"Non, Sarkozy n’était pas un partisan de la guerre en Irak. Des journaux étrangers, notamment anglo-saxons, ont rapporté qu’il était favorable à l’intervention militaire anglo-américaine en Irak. Mais il n’existe aucune déclaration attestant ce soi-disant soutien. Il ne l’a jamais déclaré, à aucun endroit."
-> Et son interview à la revue néo-conservatrice française Le Meilleur des mondes, à l'automne 2006 ?
-> Et son voyage à Washington, le 12 septembre de la même année, pour une rencontre avec George W.Bush ? Il avait déclaré que la France n'était « pas exempte de reproches » dans sa relation avec les Etats-Unis par rapport à l'intervention en Irak.
-> Et ses soutiens qui étaient, eux, favorables à cette guerre en Irak ? Pierre Lellouche (président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN depuis novembre 2004), André Glucksmann, etc. ?
Il semble que la neutralité journalistique propre au service public aurait mérité de rappeler ces quelques faits contradictoires.

"Nicolas Sarkozy n’est pas communautariste, en revanche, il est clair qu’il est communautaire. La nuance existe, il faut faire une distinction entre les notions de “communautarisme” et de “communautaire”.
-> Ce n'est pas vraiment l'avis de l'Observatoire du communautarisme, qui fait plutôt autorité dans le domaine.
-> Ce n'est pas vraiment le signal qu'il envoie en prenant pour soutien Nicole Guedj, secrétaire nationale de l'UMP, chargée des Droits de l'homme, et par ailleurs candidate aux élections législatives dans le 14e arrondissement de Paris, investie par l'UMP. Voir la page que l'Observatoire du Communautarisme lui consacrait en avril 2005.
-> Ce n'est pas non plus le message qu'il envoie quand il crée le CFCM, Conseil Français du Culte Musulman, pour en faire un interlocuteur de la République.
-> Ce n'est pas non plus le message qu'il envoie quand il prône la tolérance pour certaines milices communautaires, et la tolérance zéro pour certaines autres milices communautaires d'une ethnie différente.
Il semble que la neutralité journalistique propre au service public aurait là aussi mérité de rappeler ces quelques faits contradictoires.

"n’oublions pas qu’il est à moitié Juif et à moitié Chrétien, son éducation, son parcours personnel… on ne peut pas le considérer comme quelqu’un tenté par le racisme, la xénophobie et l’ethnicisation des relations sociales. Ça non!"
-> Une nouvelle fois, un porte-parole n'aurait pas dit mieux!
-> Par ailleurs en quoi les origines ethniques d'un homme politique peuvent déterminer sa politique ? Est-ce d'ailleurs à un journaliste du service public de tenir de tels arguments ?

"Le scénario d’un deuxième tour, le 6 mai, opposant Sarkozy et Bayrou commence à devenir plausible. Mais il est encore trop tôt pour formuler avec assurance ce type de conjecture."
-> Ce dont M. Darmon ne se prive pas, et le hasard de la neutralité fait qu'il place M. Sarkozy au 2è tour, alors qu'il renvoie Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen à leurs chères études.

Une telle interview ne peut que s'apparenter à une prise de parti claire, nette et assumée par le journaliste de France 2 en pleine campagne électorale, un manque de vigilance sans doute dû à l'éloignement géographique du journal qui l'interroge. Les faits n'en restent pas moins réels, et gênants pour une campagne présidentielle où la neutralité doit prévaloir, qui plus est sur la télé publique qui est financée par tous.

27.03.2007

Protestation des journalistes de France 3 contre le comportement de Sarkozy

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Je vous parlais de cet incident quasi-diplomatique entre le candidat UMP et les journalistes de France 3. Voici les suites de l'affaire, en attendant peut-être une montée en puissance par la suite.

La Société des Journalistes de France 3 a rédigé ce texte le 23 Mars 2007
"Nicolas Sarkozy se verrait-il déjà à l'Elysée ?
Trépigne-t-il déjà en s'imaginant bientôt disposer des pleins pouvoirs ?
Sans doute grisé parles sondages qui le placent en tête du premier tour, le candidat UMP s'est récemment laissé aller à une petite crise d'autorité dans les locaux de France 3. Une sorte de caprice régalien que l'on croyait appartenir à d'autres temps, ceux de la vénérable ORTF.
M.Sarkozy a en effet menacé de « virer » notre direction. Comme ça, sur un coup de tête. Parce qu'elle n'a pas daigné lui dérouler le tapis rouge et accourir immédiatement à sa rencontre lorsqu'il est venu, le 18 mars dernier, participer à l'émission France Europe Express, présentée par Christine Ockrent.
A peine arrivé, Monsieur le Ministre-candidat se laisse d'abord aller à quelques grossièretés, estimant que cette émission « l'emmerde » et qu'il n'a pas envie de la faire !
Ensuite, le voici vexé de devoir attendre dans les couloirs de France 3 pour être maquillé, d'autres invités occupant déjà les lieux (et oui, France 3 ne dispose que d'une salle de maquillage). Coupable de ce « crime de lèse-Sarkozy », voici notre direction sur la sellette. «Toute cette direction, il faut la virer », a lâché le candidat UMP, comme le rapporte le Canard Enchaîné du 21 Mars 2007. « Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ca ne va pas tarder».
Les Français sont désormais prévenus ! L'une des priorités de Nicolas
Sarkozy s'il est élu président de la République sera de couper des têtes
à France 3. A la trappe ces directeurs qui tardent à exécuter les courbettes.
"Le Ministre-candidat avait déjà habitué notre rédaction à ses poses agacées, à ses humeurs dans nos locaux, face à une rédaction qui ne lui semble manifestement pas suffisamment docile.
Comme cette récente provocation gratuite à l'adresse d'un journaliste du service politique « ça ne doit pas être facile de me suivre quand on est journaliste de gauche ! ». Désormais c'est à la direction qu'il veut s'en prendre ?
La Société des Journalistes de la Rédaction Nationale de France 3 ne peut qu'être scandalisée par une telle attitude de la part d'un candidat à la plus haute magistrature de France. Nous nous inquiétons que
M.Sarkozy puisse afficher sans aucune gêne un tel mépris pour l'indépendance des chaînes de service public.
Non, Monsieur Sarkozy, les journalistes de la Rédaction Nationale de France 3 ne sont pas et ne seront jamais vos valets. Ils résisteront à toute menace pesant sur leur indépendance. Si nous devons des comptes, ce n'est pas à un ministre-candidat, mais aux millions de téléspectateurs, qui regardent chaque jour nos journaux d'information.
Par respect pour eux, pour leur intelligence, nous n'accepterons jamais aucune forme de mise sous tutelle politique. Ni de votre part, ni de la part d'aucun autre candidat.
A bon entendeur."

Pas de privatisation d’une chaîne publique après la présidentielle

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A l’occasion du débat sur l’avenir de la télévision publique organisé hier par la fondation de France Télévisions, les représentants de neuf candidats à l’élection présidentielle se sont opposés à toute privatisation après le scrutin. Mais "encore faut-il en définir le financement", a souligné Jean-Marie Cavada, représentant du candidat centriste François Bayrou, qui soutient l’idée d’un budget pluriannuel. A l’exception des représentants UMP et FN, l’ensemble des partis présents a soutenu l’idée d’une augmentation de la redevance. En revanche, les portes-paroles des candidats se sont prononcés à l’unanimité pour la réorganisation de l’audiovisuel extérieur français. (source CB News)

26.03.2007

Ardisson parti, le plagiat reste une pratique de la télé publique

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On nous apprend qu'une émission de France 2 est la copie quasiment conforme d'une autre de Canal +.
Pour avoir vu les deux, il est sûr que les rapprochements sont innombrables.
Il semble donc que les responsables de la télévision publique française aient tellement de créativité qu'ils copient bassement d'autres chaînes... C'était déjà le cas du JT de France 2 par rapport à celui de TF1, remarquez...

Voici le compte-rendu du site TVNews :
"Selon Muriel Frat du Figaro, Canal+ estime que le magazine « Un dimanche de campagne » est la copie de son émission « Dimanche + ».
Le magazine de Laurent Delahousse est mis en cause notamment pour trois rubriques jugées caractéristiques de l’émission de Laurence Ferrari, souligne le Figaro ce matin.
Le directeur des programmes de flux de Canal, Ara Aprikian, aurait adressé une lettre le 22 mars à Philippe Baudillon, directeur général de France 2. Il lui aurait demandé de retirer trois rubriques jugées litigieuses.
« L’association de rubriques intitulées la semaine de campagne, la maison de campagne et le Web de campagne apparaît clairement comme la reprise du format original » ,écrit-il dans ce courrier. Le Figaro écrit que "Selon Canal +, le titre de l’émission et l’horaire de diffusion ne peuvent que « susciter une grande confusion » dans l’esprit des téléspectateurs. Il s’agit de « manière flagrante d’un acte de parasitisme au détriment de notre chaîne » , conclut Ara Aprikian, en demandant à France 2 de « procéder aux modifications qui s’imposent » ."
Rodolphe Belmer lui évoque un plagiat intégral.Il met en parallèle les séquences Le château / L'actu de la semaine, la caméra embarquée, l'actu sur le Net.Dans le même ordre, avec le même conducteur, et au même horaire, selon le directeur général de C+.
En conclusion de l'article, la journaliste note que si France 2 ne réagit pas, une saisie de la justice par C+ n'est pas à exclure..."

22.03.2007

Ruquier digne successeur d'Ardisson et indigne promoteur du livre

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Une nouvelle me permet d'aborder cette question d'une manière réactualisée par rapport à mon livre, qui date d'avril 2006, et sur le blog duquel vous vous trouvez. Cette nouvelle, la voici :
"Dans le dernier numéro en date de TV Hebdo, Laurent Ruquier réagit à l'organisation par France 5 de "La nuit du livre". Ce soir. Emission où il n'officie pas alors qu'il est à France télévisions.
Ca lui est égal dit-il, en ajoutant que "nous sommes toujours regardés de haut par ce petit groupe élitiste ayant l'impression de tout décider dans Paris". La province existe aussi, rappelle-t-il. "Et pas que ceux qui connaissent le nom de Frédéric Lerney".
On a tout essayé serait l'émission qui incite le plus à acheter un livre, selon les éditeurs. L'effet coup d'accélérateur sur les ventes serait immédiat."
Source : TVNews d'aujourd'hui

Tout le monde en parle de Thierry Ardisson était déjà l'émission qui incitait le plus à acheter un livre, et avant elle Apostrophes de Bernard Pivot. Or la polémique existe depuis Apostrophes, Régis Debray ayant reproché en 1982 à l'émission de Bernard Pivot d'avoir, je cite, "le monopole à la fois du choix des titres et du choix des auteurs, accordé finalement à l'arbitraire d'un seul homme. Et qui exerce une véritable dictature sur le marché du livre."

Pivot avait répondu, à juste titre, qu'il trouvait choquant que M. Debray, alors qu'il était conseiller à l'Elysée, puisse se permettre une telle déclaration, faisant croire à un retour du politique dans la gestion de la télévision, d'une part. D'autre part, l'emploi des mots "monopole", "arbitraire" et "dictature" étaient non seulement faux mais outrageants.
Là où Régis Debray n'avait pas tort, c'est qu'il était le premier à stigmatiser ce pouvoir immense dont disposait M. Pivot, qui est le même que celui dont a disposé M. Ardisson et dont dispose aujourd'hui M. Ruquier, à savoir faire la pluie et le beau temps sur le marché du livre. Evidemment, la critique est uniquement légitime car il s'agit d'émissions du service public, et que les livres choisis par ces trois hommes ne sont forcément pas ceux qui méritent le plus de bénéficier d'une telle publicité.

Je ne possède évidemment pas de solution miracle, et je dois d'ailleurs ajouter, à la décharge de M. Pivot, que les livres dont il assurait la promotion étaient d'une autre qualité littéraire que ceux dont Ardisson hier, et Ruquier aujourd'hui, assurent les ventes. Mais la problématique, pour ne pas dire la polémique, demeure.
Il s'est créé en trente ans une véritable industrie de la connivence entre les plus gros éditeurs et les chaînes de la télévision publique, l'influence considérable de la télévision n'épargnant pas la production littéraire, de telle sorte qu'aujourd'hui M. Ruquier invite un auteur de la qualité de ceux qui étaient reçus dans Apostrophes pour cent "auteurs" d'autobiographies people, de livres trash ou ayant été condamné pour plagiat par le passé (les lecteurs de ce blog et de mon livre auront deviné de qui je parle).

Bref, il y a une totale collusion d'intérêts, qui a apparemment échappé à tous les candidats à la présidentielle, et notamment à M. Bayrou, qui se fait pourtant fort de dénoncer les dérives de la collusion d'intérêt entre télévision privée et intérêts privés. Ce ne doit pas être un sujet suffisamment politiquement correct pour lui.

En tout cas il va bien falloir, à la suite de Régis Debray et si possible d'une manière plus élégante et surtout plus efficace, qu'un homme ou une femme politique digne de ce nom se positionne très clairement sur la question, qui n'est d'ailleurs pas la seule quand on aborde la question de la télévision publique. Certains proposent par exemple qu'une chaîne, France 4 par exemple, soit entièrement consacrée à toutes les productions littéraires, musicales et artistiques qu'on ne voit nulle part ailleurs, justement pour cause de collusion d'intérêt ou de politiquement incorrect (tout en restant dans la légalité). Une chaîne à laquelle participerait massivement le peuple, avec l'aide des nouvelles technologies ou plus directement, mais je ne pense pas là aux simulacres de démocratie que sont les SMS et autres "tapez 1 pour éliminer Loana", qui ne sont que des moyens hypocrites pour les chaînes de récupérer de l'argent sur le dos des contribuables qui paient déjà la redevance, faut-il le rappeler.

C'est donc un énième cri de colère, comme vous en avez pris l'habitude, et c'est bien dommage, car cette situation perdure depuis trop longtemps dans notre pays et le fossé qui sépare notre élite médiatico-politique du peuple ne pourra pas s'étendre éternellement. Il arrive un moment où le fossé fait place au tremblement de terre.

Quand je lis Laurent Ruquier oser affirmer : "nous sommes toujours regardés de haut par ce petit groupe élitiste ayant l'impression de tout décider dans Paris", j'ai envie de me dire que ce garçon est soit complètement idiot, soit complètement inconscient. Comment imaginer qu'il n'imagine pas être l'un des tous premiers membres de ce "petit groupe élitiste" ? J'avoue ne pas y croire, mais c'est sans doute son côté "de gauche" qui remonte, lui qui n'acceptera apparemment jamais de faire partie de ceux qui écrasent le petit peuple par ses décisions.
Dormez, bonnes gens, on s'occupe de tout, dormez bien.

Attention au réveil, cher Laurent Ruquier, attention au réveil, il pourrait être aussi brutal qu'imprévu.

21.03.2007

Sarkozy n'en pense pas moins sur la télé publique

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On l'apprend dans le Canard enchaîné d'aujourd'hui, Sarkozy aurait menacé de virer toute la direction de France Télévisions. La télé publique est certes criticable, mais pas au point de virer tout le monde! En plus, si le ministre-de-l'intérieur-président-de-l'UMP-président-du-Conseil-général-des-hauts-de-Seine-candidat-à-l'élection-présidentielle a un programme pour les médias, il ferait mieux de le dire face caméra que derrière elles...
Bayrou s'est prononcé sur les médias privés, pourquoi Sarkozy ne se prononcerait-il pas sur la télé publique ?
A ce propos, on se demande bien pourquoi ce cher François n'a pas cru bon de parler de la télévision publique... Cela lui a sans doute échappé qu'elle courrait après la télévision privée, en n'ayant plus aucune identité (un gros mot comme dit Sarko) et plus aucune conscience que les journalistes publiques sont payés par chacun d'entre nous pour produire de l'information de qualité.

"Quand Sarkozy pique une colère contre la direction de France 3
NOUVELOBS.COM | 21.03.2007 | 12:39

Obligé de patienter avant de se faire maquiller pour participer à "France Europe Express", le candidat UMP s'en est pris à la direction de la chaîne publique: "il faut la virer".

Nicolas Sarkozy (AP)
Selon Le Canard enchaîné paru mercredi 21 mars, le ministre de l'Intérieur et candidat UMP, Nicolas Sarkozy, a piqué une grosse colère, dimanche 18 mars, dans les locaux de France 3.
Invité de l'émission "France Europe Express", animée par Christine Ockrent, Nicolas Sarkozy est arrivé avec "une escouade de garde du corps, de conseillers et sa maquilleuse personnelle". Mais une fois dans la loge, le candidat a été invité à patienter, tous les sièges étant déjà occupés par les autres invités de l'émission.

Au bout d'un moment, le ministre a perdu patience, toujours selon l'hebdomadaire satirique: "Je ne veux pas attendre plus longtemps, je veux me faire maquiller tout de suite". Puis, encore un peu plus tard: "Mais enfin, il n'y a personne pour m'accueillir. La direction n'est pas là? Ce n'est pas normal. Qu'est-ce qu'ils font? Qui suis-je pour être traité ainsi ?".

Nicolas Sarkozy aurait alors fait mine de partir, déclenchant la panique parmi les journalistes, avant de "péter les plombs": "Personne n'est là pour m'accueillir. Toute cette direction, il faut la virer. Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ca ne va pas tarder."
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/medias__pouvoirs/20070321.OBS8191/quand_sarkozy_pique_une_colerecontre_la_direction_de_fr.html

17.03.2007

La télévision publique anglaise meilleure que la française ?

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La télévision publique anglaise meilleure que la française ?
Ce ne serait pas très dur, mais regardons tout de même les faits, et sur un sujet précis. Je propose le sujet sur lequel les médias français, et la télévision publique ne déroge pas à la règle du moutonnisme, sont tous d'accord : le réchauffement climatique.

La pensée ultra-dominante consiste à montrer qu'il y a un réchauffement climatique terrible, que celui-ci est dû en grande partie à l'activité humaine, et qu'il va mener à la catastrophe écologique. On nous projette alors dans 50 ans, en nous montrant des terres actuelles immergées, des espèces actuelles disparues, etc.

Or, la météo est absolument incapable de prédire le temps qu'il fera dans 3 jours. Comment le pourrait-elle à 10, 30 voire 50 ans ?
Il suffit, pour avoir une idée de la bêtise de la version d'aujourd'hui, de visionner le genre de documentaire du passé qui se projetait 50 ans après. En voici un qui date de 1975 par exemple :



Mais nos chers journalistes de la télévision publique française n'ont pas eu l'idée de faire une enquête pour savoir si la communauté scientifique partageait vraiment cette thèse, dans sa quasi-totalité, ou bien s'il existait des arguments scientifiques qui l'invalidaient, ou qui la contredisaient. Ce travail a pourtant été fait, et très bien fait, par la télévision publique anglaise Channel 4, et voici le documentaire d'1h 15 sur le sujet, vous pouvez passer votre chemin si vous ne parlez pas anglais.

16.03.2007

La télévision publique en procès ?

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Aujourd'hui avait lieu le procès en antisémitisme d'Alain Soral, pour son passage sur France 2 à l'émission Complément d'enquête, en 2004. Pour le détail de ce procès, veuillez cliquer sur ce lien.

En complément à cette présentation des faits, je tenais à apporter une analyse propre à la télévision publique, comme je le développe sur ce blog depuis un an maintenant. Voici quelques arguments plutôt à charge qui n'ont hélas pas vraiment été débattus pendant l'audience, l'accusé étant Alain Soral et non le journaliste de la télé publique, qui ne s'est d'ailleurs pas présenté au procès.

1. La télévision publique n’a pas fait preuve d’un traitement équilibré de l’information

2. Le journaliste portait une kippa
Le service public est laïc, un journaliste n’a pas à porter de signes ostentatoires, comme à l’école.

3. La voix-off a stigmatisé un complot mais pas l’autre
Elle parle clairement du complot sioniste pour qualifier les arguments d'Alain Soral.
Mais elle ne parle pas d'un complot antisioniste pour qualifier les paroles du rabbin.
Au sujet des médias qui seraient tenus par les sionistes, la voix off parle d’un « argument classique des antisémites ».
Mais au sujet des médias qui seraient tenus par les antisionistes, la voix off ne dit rien.
Or dans un cas comme dans l'autre, les intervenants stigmatisent des médias qui seraient pour ou contre Israël.

4. L’opinion du journaliste est clairement donnée
En parlant d’antisémites au sujet de Dieudonné et d’Alain Soral, il a clairement dépassé les bornes du raisonnable, la justice n'ayant jamais tranché dans ce sens concernant ces deux personnalités publiques.

5. Si Alain Soral est condamné, France 2 doit l’être aussi
C’est France 2 qui a fait le montage, qui a choisi de diffuser ces paroles, ils doivent également en être tenus responsables, comme l'a d'ailleurs réclamé l'avocat d'Alain Soral, en invoquant un article de loi dont je n'ai pas souvenance.

Pour aller plus loin :
Interview exclusive d'Alain Soral suite à sa double désinvitation de Ripostes

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