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27.02.2007
Concernant Ripostes du 25.02.2007
copie Arrêts sur Image
copie Alain Soral
copie Médiateur de France 5
copie blog du livre "Ils ont tué la télé publique"
(http://telepublique.blogspirit.com)
Cher M. Moati,
Je vous écris car j'ai été très troublé par votre émission "Ripostes" de ce dimanche 25 février 2007.
Cette émission, consacrée aux intellectuels dans la campagne, a rassemblé des intellectuels défendant, plus ou moins directement, les courants politiques les plus représentatifs du peuple français.
Sauf un : celui du Front National.
Pendant toute l'émission, je me suis interrogé sur cette absence pour le moins remarquable, jusqu'au moment où vous avez eu ces propos, en gros pourquoi personne ne parle de Le Pen dans cette émission ?
A cet instant, je me suis dit que tout cela serait clarifié, et que vous expliqueriez aux téléspectateurs si un intellectuel proche du Front National, comme Alain Soral ou un autre, avait été invité mais avait décliné l'invitation par exemple. J'ai pris l'habitude de cette transparence et de cette honnêteté envers le téléspectateur depuis que je regarde fidèlement l'émission de votre confrère Daniel Schneidermann, Arrêt sur Images.
Lui le fait régulièrement. Or vous ne l'avez pas fait. J'en ai donc conclu que vous n'aviez tout simplement pas pensé à inviter un tel intellectuel, ce qui serait scandaleux.
Mais je suis journaliste, et j'ai donc voulu vérifier cela, en m'adressant directement à celui qui a été excommunié, banni, lynché et exclu de Science-Po, entre autres, pour ses idées, que je ne partage pas toutes d'ailleurs évidemment, loin de là, tout comme celle du FN. Le Front National n'est pas un parti illégal, il n'a jamais été dissous, et si je ne partage pas ses idées je me battrai pour qu'il puisse les exprimer.
M. Soral vient de me répondre qu'un membre de votre équipe l'a contacté pour l'inviter, invitation qu'il a acceptée, puis ce membre de votre équipe l'a rappelé en annulant cette invitation, en expliquant qu'elle risquait de générer des vagues auprès des autres intervenants.
Si cette version des faits est vraie, et je n'ai pas de raison de mettre en cause la parole de M. Soral, elle est proprement indigne de la télévision de service public pour laquelle vous travaillez, qui vous rémunère, et que nous finançons tous, nous les citoyens français. Tous, y compris ceux qui ne paient pas la redevance, puisque nous payons tous des taxes à l'Etat, et c'est l'Etat qui finance en majorité France Télévisions.
Cette censure est d'autant plus choquante que nous nous trouvons à exactement deux mois de l'élection présidentielle, comme vous le savez très bien.
Je m'interroge sur la relation entre cette censure, je ne vois pas d'autre terme, et les reproches qui avaient été formulés contre vous suite à votre commentaire sur M. Le Pen en novembre 2006.
Je vous cite, dans le Journal du Dimanche vous avez trouvé Le Pen "sympathique, marrant et cultivé". "Il a quelque chose de ces grands bonshommes que l'Histoire traverse et qui traversent l'histoire".
"C'est un grand orateur et, comme je suis sensible au verbe pour avoir beaucoup travaillé avec Mitterrand, je peux me laisser embarquer". Et vous ajoutiez : "Non seulement on ne gagne rien à diaboliser l'homme d'extrême droite mais on aurait du l'écouter. Il a été le premier à parler de la dissolution de l'identité française, de l'Europe qui prend le pas sur la France où ne se prennent plus les décisions qui la concernent, de l'appauvrissement, de la fragilité des classes moyennes d'ouvriers et d'employés, qui massivement sont allée le rejoindre. Je ne suis évidemment pas d'accord avec les conclusions qu'il en tire mais on doit réfléchir à tout cela..."
M. Moati, pourquoi n'avoir pas invité M. Soral sur votre plateau, alors que le candidat qu'il soutient était au 2ème tour de l'élection présidentielle ?
M. Moati, pourquoi avoir invité deux intellectuels qui soutiennent pleinement la candidate d'un parti qui n'était pas au 2ème tour de l'élection présidentielle ?
M. Moati, pourquoi n'avoir pas informé les téléspectateurs du fait que vous aviez d'abord invité M. Soral, puis annulé cette invitation sous la pression du chantage des autres invités, si tel est effectivement le cas ?
Je vous remercie pour votre réponse que vous m'enverrez, j'espère.
Jean Robin
Auteur d' "Ils ont tué la télé publique"
Gérant des éditions Tatamis
22:21 Publié dans Serge Moati | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
Peu étonnant et toujours révélateur des manœuvres abjectes de mise dans les coulisses du petit écran, c'en est néanmoins très choquant! Copinage et censure...
Les donneurs de leçon mériterait d'être réduit au silence, en tout cas de n'être plus financés par l'argent publique! Plus le temps passe et plus je trouve que notre parodie de démocratie est indécente et vulgaire!
Ecrit par : Amethyste | 05.03.2007
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