« Ardisson sur Canal = Ardisson sur F2 | Page d'accueil | Taddéi sauve l'honneur... et la liberté d'expression »
30.11.2006
L'Europe et les médias n'existent pas pour Arlette Chabot
Ce soir, pendant 2h30, Nicolas Sarkozy était l'invité d'Arlette Chabot sur France2.
A part un chef d'entreprise, absolument personne n'a posé de questions qui fâchent comme l'on dit au Ministre de l'Intérieur, Président du 1er parti de France, Président du Conseil Général le plus riche de France et donc maintenant candidat à l'élection présidentielle.
Il y en avait pourtant quelques unes : le cumul des mandats est-il compatible avec la démocratie (cf fonctions de Nicolas Sarkozy ci-dessus) ? Mettre au pilon 25 000 exemplaires d'un livre d'une journaliste ayant enquêté sur vous, en utilisant ses fonctions de Ministre de l'Intérieur pour ce faire, est-il compatible avec la démocratie ? Faire virer un patron de presse parce que celui-ci a publié une photo qui ne nous a pas plu est-il compatible avec la démocratie ? Faire financer par l'Etat une synagogue à Puteaux à hauteur de 8 millions d'euros, est-ce compatible avec le principe de la laïcité ? Vouloir faire voter par le Parlement un ersatz de la Constitution européenne refusée à 55% par le peuple français, est-ce compatible avec la démocratie ?
Le télespectateur qui paie sa redevance ne saura rien de tout ça. A la place, il aura l'innénarable Alain Duhamel, dont l'analyse politique est si fine et pointue qu'il a écrit un livre il y a 6 mois sur les prétendants à l'élection présidentielle, sans y faire figurer Ségolène Royal.
En fait, deux sujets ont également été complètement occulté du débat : l'Europe, et les médias.
Deux sujets pourtant cruciaux, et dont les extrêmes se sont emparés parce que les partis dits modérés s'en étaient désintéressés. On voit bien l'intérêt que François Bayrou a fait naître dans le peuple en critiquant justement la proximité trop forte de M. Sarkozy avec les puissances médiatiques et financières.
Non, Arlette Chabot a préféré finir sur cette question : vous sentez-vous plus proche de King Kong, Asterix ou James Bond ?
Décidément, il faut absolument que le peuple exerce un contre-pouvoir interne aux médias, en commençant par les médias publiques.
Sarkozy France 2 30 11 06
Vidéo envoyée par Tatamis
23:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Je n'ai pas vu l'émission et puis franchement me farcir 2h30 de Sarko alors qu'il squatte largement les médias depuis des mois, ça ne me tentait pas vraiment.
Mais si elle fut telle que vous dîtes, c'est effectivement dramatique. Cet homme postule pour diriger le pays et on ne creuse pas ses idées et ses propositions, on ne va pas sur des terrains difficiles pour lui. Ah dans ces conditions, pour lui la route est droite et la pente pas trop raide.
Le problème des médias est qu'ils n'acceptent aucune critique qui vienne de l'extérieur, et celles qui viennent de l'intérieur sont bien canalisées dans des bornes étroites et ne sont là que pour donner le change. Daniel Schneidermann est chargé de remplir cette fonction. Bayrou n'a-t-il pas été accusé de populisme (tout de suite le mot) par B. Schoenberg, je crois.
Bayrou, et tous les autres candidats qui ne s'appellent pas Royal et Sarkozy, et voudrait exister tout de même et prendre part au débat, doivent se souvenir de ce qui s'est passé pour le référendum et s'en inspirer. Ils doivent investir internet. Aller sur les blogs ou sites connus, y donner là des interviews. En effet lors du référendum, il y a eu un formidable débat sur la toile. Internet était plutôt pour le non avec des personnes de qualité et très actives comme Etienne Chouard ou Thibaut de la Hosseray celui dont DS a cru discréditer tout l'argumentaire parce que, vous savez quoi, il lui a arraché l'aveu qu'il avait un faible pour Chevènement. Ah le saligot. Internet donc était plutôt pour le non et les médias ostensiblement pour le oui. On connaît le résultat.
Pour résumé, ma confiance envers les grands médias pour laisser place à tous les avis de s'exprimer est proche de zéro. Et cela ne va pas s'arranger. Je pense que ce n'est même plus la peine de se battre. Occupons le terrain qui nous reste, c'est-à-dire internet, et qu'à ce jour, les grands médias ne peuvent pas encore contrôler, à leur grand dam.
Ecrit par : Alain | 02.12.2006

