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22.06.2006

Communiqué de la CGC sur le départ de Philippe Labro de France Télévisions

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Vous trouverez ci-après le communiqué de la CGC-Médias suite au départ de Philippe Labro de France Télévisions.




La CGC Médias dans une lettre ouverte apporte son soutien à Philippe LABRO

La CGC Médias ne peut que se déclarer choquée de la façon dont certains sont traités et plus particulièrement Philippe LABRO, homme droit, intègre, courageux, rigoureux et très professionnel qui quasiment par voie de presse s’est vu signifier son éviction.
Qu’il s’agisse de « Légendes » ou encore de « Ombres et Lumières » émissions de qualité sans aucun doute, emblématiques d’un service public dont la « stratégie » – si ce mot a encore un sens – est illisible, une telle décision paraît incompréhensible.

« Très triste » dites-vous ; il y a de quoi et ce sentiment n’est, à l’évidence, pas assez fort !
« Absurdité, bêtise » comment ne pas le penser lorsque certains à France Télévisions pensent plus « valorisant » de programmer un nouveau « jeu tribal » et de voir disparaître une émission sur les talents du spectacle, de la littérature, du cinéma, etc… ?

Vous pouvez être fier de vos 28 minutes, Monsieur LABRO et ce que votre « ex employeur » qualifie tantôt de « jeu documentaire d’aventures », tantôt de « série documentaire d’évasion et de découverte à la rencontre des peuples » n’a rien à voir, ni de près, ni de loin avec ce qu’il tente de vendre comme un « voyage initiatique ».
Si « voyage initiatique » il y a, c’est bien celui que vous nous avez fait partager avec ces femmes et ces hommes que nous avons pu découvrir grâce à vous et suivre avec bonheur.

Rien à voir avec cette intrusion malsaine d’équipes télés découvrant la réalité de vie de peuplades qui n’ont rien demandé à personne et surtout pas d’être ainsi exposées.
Si la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) ont violemment réagi comme un grand nombre de téléspectateurs et lancé une vague de pétition contre cette émission jeu produite par une filiale d’Endemol ( Extra Box) où 6 candidats seront « confrontés » - le terme mis en avant par la télé publique a toute son importance – à plusieurs « tribus » de pays du monde, quitte à les polluer dans tous les sens du terme, à les fragiliser sans même chercher à comprendre leur culture ou encore à les présenter comme des « animaux de foire », c’est que tout comme nous elles constatent que la télé publique est tombé bien bas.

Beaucoup auraient pu croire qu’après la décision du CSA de ne pas reconduire l’ancienne équipe, suffisante, hautaine, irrespectueuse et aux pratiques exécrables, les choses allaient enfin changer. Mais vous le dites si bien, Monsieur LABRO, « on se moque des gens », de leur travail mais plus généralement on les fuit, on les marginalise jusqu’à les ignorer et ne plus les respecter, en évitant soigneusement toute forme de débat avec eux.

On voudrait montrer du doigt certains collaborateurs – alibis de dernière minute face à des engagements et des promesses jamais tenus – en mettant en avant « l’exclusivité de collaboration » voire « le conflit d’intérêts » mais exige-t-on de ces boîtes de production comme Endemol citée précédemment qui produisent et travaillent en même temps pour TF1, M6 ou encore le Groupe public, les mêmes principes ? Bien évidemment, non. Lorsque telle filiale de la dite boîte s’occupe pour le même de la programmation musicale du « Téléthon » comme de la « Star Académie », ou croit-on que Jonnhy Halliday soit allé chanter ?

Et cela sans parler de présentations et d’animation d’émissions radiophonique ou encore d’ «évènementiels » pour plus de salariés qu’on ne l’imagine. Là l’exclusivité, on n’en parle pas !

Les règles doivent effectivement être les mêmes pour tout le monde. Feindre d’appliquer à la lettre pour les uns ce qu’on tolère discrètement pour les autres, n’a pas de sens. Afficher ensuite mépris, condescendance et superbe, ne grandit jamais personne. Quand il faut payer, il faut payer, pas seulement le contribuable/téléspectateur qui passe de toute façon toujours à la caisse et particulièrement quand des milliers d’euros de dédit partent en fumée parce qu’une émission voyeuriste qui viole l’intimité de peuples souvent isolés du monde devra être déprogrammée, non ! Un jour, on paie et les décideurs ne peuvent pas toujours se déclarer non responsables.

Vous avez bien raison, Monsieur LABRO, en l’occurrence : « Il ne faut jamais insulter l’avenir » Paris, le 22 juin 2006