11.06.2006
Edito du syndicat CGC Médias
J'ai récemment fait la connaissance de M. Cordival, énergique leader de la coordination syndicale CFE CGC Médias.
Je vous retranscris l'édito qu'ils viennent de publier sur leur site, dont voici l'adresse générale : http://www.chez.com/media2000. Cela concerne directement le sujet de ce blog, et du livre dont il assure la promotion.
L’ édito complet de la CGC Médias
"FRANCE TÉLÉS "COM " JAMAIS
Voilà presque qu’un an, Tessier quittait France Télévisions poussé dehors par le C.S.A. Quelques uns seulement de ses lieutenants, bien qu’arc-boutés sur leur siège et ne désirant alors qu’une chose, rester dans le groupe, ont dû se résigner à le suivre.
C’est ainsi que Baldelli ex dégé de la "La Deux" – celui qui a fait le plus de résistance – Achard ex dégé du holding et Schwartz ex directeur financier du groupe ont été contraints de céder leur place. Ils ne furent en réalité que très peu à partir vraiment, largement indemnisés pour cela, certes.
C’est aussi à la veille de leur départ que la CGC Médias a déposé pour dénoncer le système une plainte pénale contre X avec 9 chefs d’incrimination dont celui d’abus de biens sociaux qui est actuellement en instruction.
Dès l’arrivée de la nouvelle équipe, les choses furent clairement dites alors au présent - CITATIONS :
· « Il fallait stopper l’érosion des audiences, pour France 3 comme pour France 2 »
· « Un terme devait être mis aux fâcheuses pratiques de location de grilles par appartements qui, ne garantissait ni le renouvellement des programmes, ni une véritable créativité » [à commencer par la dizaine d’émissions que produit Réservoir Prod et Delarue – premier visé – pour France 2, France 3 et France 5]
· « Les choix se feraient dorénavant en toute transparence »
· « La décision de revoir le "système" avait été prise puisque [la nouvelle équipe] garante de l’argent du service public et du groupe donc de tout concitoyen avait des comptes à rendre »
· «On s’émouvait publiquement de contrats passés juste avant la changement d’équipe, notamment sur France 2, d’une centaine de fictions qu’on avait du mal à localiser ou encore des 54 émissions de premières parties de soirée commandées pour la dite chaîne alors que seulement 43 cases était disponibles »
· « Le gouvernement, pour des raisons de clarté, s’était vu proposer pour la chaîne française d’information (CFII) [par cette même équipe] un schéma exclusivement public : 50% pour France Télévisions et les autres 50% pour l’ensemble des entités de l’audiovisuel extérieur ».
· « Une fondation pour promouvoir le holding public et ses chaînes mères à l’adresse des téléspectateurs et contribuables, allait voir le jour »
· « Jacques WEBER à qui le groupe allait confier une mission devait redonner au théâtre à la télévision ses lettres de noblesse »
· « Les conclusions de l’audit interne rendues, France Télévisons appliquerait le "grand tournant" »
· « L’audit interne allait réserver quelques mauvaises surprises »
· « L’état des lieux interne suivi de celui de l’Inspection Générale des Finances commandé par la nouvelle équipe allait permettre de lancer dans de bonnes conditions les négociations du prochain COM ». etc, etc, etc…
"COM " : Contrat d’Objectifs et de Moyens, voilà le concept. Le dernier COM – contrat de confiance en quelque sorte – n’avait été signé précédemment et parafé que pour servir d’alibi et être mieux transgressé immédiatement après. Mais le "COM " nouveau 2006/2010 dont le projet intitulé « GAGNER LE PARI DE LA MODERNITÉ » est arrivé. Il a été remis en avril 2006 aux membres du C.C.E. de France 3 alors qu’en juin ceux de France 2 ne l’ont toujours pas eu.
Mais qu’à cela ne tienne, le précédent COM donc remis, lui, à l’ensemble des partenaires sociaux et signé par l’équipe sortante et l’Etat, avait été donné à tous. Sûrement jamais respecté mais au moins diffusé. Immédiatement contourné voire dévoyé pour ne quasiment jamais être appliqué mais ils avaient communiqué dessus. Parmi les nombreux points en cause, celui des effectifs du groupe qui allaient exploser pour atteindre 11.500 emplois temps plein.
Alors, lorsque la semaine dernière la Presse rendait publics révélait le chiffre des effectifs du holding qui depuis 10 mois avait presque doublé - depuis la sortie par la petite porte des prédécesseurs - pour passer de 94 à 167 salariés qui pourrait bien y trouver à redire ? D’ailleurs Bastien Millot s’est immédiatement empressé de corriger cette importante progression pour arriver à « 230 personnes dont 5 seulement rattachées à la holding » - soit 2 fois et demi plus - mais toujours, selon lui, dans le souci de « créer de plus en plus de directions communes ».
Mise en pratique à l’évidence d’une tête de chapitre du volumineux et accablant rapport de l’Inspection Générale des Finances sur le fait que « la gouvernance générale de France Télévisions n’est pas celle d’un groupe intégré »
A cet effet, la CGC-Médias souhaite la bienvenue au 231ème collaborateur du holding Alain Belais, ex consul général de France à Los Angeles, ancien assistant parlementaire, chargé de mission au RPR et ayant tenu de nombreuses tâches dans le cadre de cabinet ministériel, qui rejoint la "direction internationale".
L’efficacité et ce que l’ I.G.F. appelle « la mise en place de fonctions support groupe inachevée » est à ce prix.
Quant à ceux que Paris Match du 24 mai 2006 qualifie de « survivants de l’ère Marc Tessier » et qui s’expriment en indiquant que « le malaise est visible » et que tel ou tel « psychorigide bardé de certitudes et de suffisance veut avoir raison coûte que coûte », ils n’ont qu’à se souvenir des 6 années passées !
D’ailleurs ils ont de la chance ou des relations car ils ne devraient plus être là, vu les annonces de changements fermement et constamment réaffirmées.
Les "déclinologues" – terme qu’utilisait récemment le promoteur mais en même temps liquidateur du CPE – n’ont pas voix au chapitre. « France Télévisions est le seul groupe dont l’audience globale est en hausse de 1,6%. C’est la seule progression du PAF ». Ainsi « TF1 perdrait 2,5% et M6 jusqu’à 4,6% depuis le 1er janvier 2006 jusqu’à aujourd’hui par rapport à la même période l’an passé ».
Que les mauvaises langues n’essaient même pas d’ajouter à "TF1" l’audience de "LCI" qui caracole en tête des chaînes d’info voire celle d’"Eurosport" partie intégrante du groupe et qui le placent, de fait en tête de la meilleure audience des groupes intégré de télévision. Qu’ils n’espèrent pas non plus additionner aux scores de "M6" ceux de "Paris Première" également chaîne du groupe ainsi que ceux de "W9" de la TNT qui les place en seconde positon et qui font aujourd’hui que le combat semble ne se dérouler qu’entre ces deux là. Tout ceci ne serait que polémique !
Silence, tous ceux qui raillent et déclarent que « la tension à son paroxysme à France Télévisions entre la Présidence et les Directions des chaînes… que deux ou trois collaborateurs "autorisés" sont dans l’oeil du cyclone…ou encore qu’on se croirait dans un ministère, qu’on s’attend à être désavoué à tout moment sur n’importe quelle décision, que plus rien ne bouge face à une holding bunkerisée et coupée des ses équipes opérationnelles… ». Qui ose dire qu’à « France 2 et France 3, la démotivation est totale ».
A France 2, les personnels n’ont aucune raison d’être inquiets. Le nouveau directeur des programmes : Jean-Baptiste Jouy ex responsable de l’unité divertissement et docu de la chaîne puis transfuge de Canal + qu’il avait rejoint, l’a dit et écrit lors d’une réunion le 14 avril 2006 : « certaines difficultés conduisent à faire des choix extérieurs car les questions fondamentales concernant la souplesse de l’outil, la réactivité des process de plannings, l’absence d’espace pour l’entourage logistique des plateaux ainsi que leur taille limitent la typologie des émissions qui peuvent être fabriquées en interne ».
Et de souligner que « l’outil ne doit pas représenter une contrainte » et d’en profiter pour demander « quelles marges de souplesse sont envisageables ».
Propos appuyés par Sven Lescuyer aux « Sports » qui souligne également « la nécessité d’une gestion plus cohérente et transversale face aux problèmes assez complexes comme les différences organisation, de problèmes de refacturation interne etc.… ».
Ou encore confirmés par Arlette Chabot qui « se joint aux observations de Jean Baptiste Jouy et met, elle aussi, en avant des problèmes de compétences et de choix de personnes, de manques de souplesse dans les plannings » et de prôner « un juste équilibre pour retrouver un peu de souplesse interne puisque ce sont les impératifs de l’année qui doivent dicter le choix des moyens et faire que l’outil soit adapté à la politique éditoriale ». Qu’aurait-elle besoin d’un nouvel homme à ses côtés dans le but non dit « d’apaiser la Rédaction » qui avec de telles considérations n’en a, à l’évidence, pas besoin !
Que d’inquiétudes injustifiées de la part des personnels de France 2 particulièrement de tous ceux qui collaborent à la fabrication des émissions lorsqu’ils apprennent par hasard et du reste par les quotidiens que l’émission " Les chiffres et les lettres" dans un souci de « rajeunissement » de l’audience, partent sur France 3 et que les 2 jours de tournage prévus pour 14 émissions en tournage sur France 2 seront les derniers.
Que de soupçons indécents face au départ d’émissions de production comme "Campus", "Thé ou Café", "Les mots de minuit" (totalement externalisés) voire encore "Soyons Sport " ou "30 millions d’amis" qui comme l’émission d’Armand Jammot part également sur "La Trois". Et cela sans parler de "L’édition du JT de la nuit" qui devrait incessamment sous peu devenir un "tout en image".
Que de remue-ménage suite aux départs d’Ardisson, Durand, Fogiel et consort puisque tout a été prévu pour combler les pertes de recettes publicitaires associées (certes indûment mais bon !) aux tranches horaires qu’ils occupaient. Là encore, la Presse qui révèle que les contrats signés avec les animateurs producteurs seraient passés de 77 M€ à 146,6 M€ sur 5 ans réalisant ainsi une augmentation de 100% devrait comprendre qu’il ne s’agissait là que d’impérieuses nécessités.
Que de procès d’intention au moment où le Directeur des Services techniques son adjoint et le responsable ingeneering quittent soit la chaîne, soit définitivement leurs fonctions, face à de tels propos rassurants surtout lorsque la Presse ainsi que les membres du C.C.E. de France 3 ont été prévenus officiellement que « ce sont les moyens de la filière de production de France 3 qui allaient travailler pour l’ensemble du groupe ».
Et s’il fallait ajouter à cela, page 34 du COM, le 5ème paragraphe : « Dans un souci de développer ses recettes de diversifications [comprenez entre autres les subsides du CNC] et d’optimiser les moyens internes au Groupe, France Télévisions renforcera la position de sa filiale MFP (Multimedias Film Production) », tout le monde devrait être rassuré ; surtout lorsque sur le site web du holding chacun peut déjà découvrir que les effectifs de cette filiale du groupe parmi la trentaine existante sont aujourd’hui par anticipation d’une quarantaine.
En un mot comme en cent, comment Jean-Jacques Bordier-Chêne (responsable adjoint des services techniques de France 2 en partance) a-t-il pu être le seul à défendre bec et ongles les moyens internes ? A affirmer que « Les personnels de France 2 étaient globalement assez réactifs…que plus de communication était souhaitable sur les plateaux entre extérieurs et chargés de production…ou encore que l’antériorité pour les évènements récurrents prévisibles soit un principe » ? Lui comme l’ensembles des personnels des moyens techniques de France 2 pour qui il a pris parti lors de cette réunion n’ont pas à s’en faire !
Quant à « "l’outil" puisqu’on vous dit qu’il n’est pas à la pointe des hautes technologies et qu’il doit s’adapter », c’est qu’on sait de quoi l’on parle.
Le principal étant de savoir où l’on va et avant fin juin, les partenaires sociaux en l’occurrence ceux de France 2 le sauront même s’ils n’ont toujours pas le COM, et le découvriront dans le cadre du "PROJET FRANCE 2 » qui leur sera révélé. A n’en pas douter, il devrait en surprendre plus d’un. D’ailleurs dès décembre 2005, seule et unique réunion depuis lors organisée par les personnels avec la direction, le ton avait été donné.
L’ensemble des techniciens et personnels de régies et plateaux « réaffirmant leur attachement à la production interne, à leur outil de travail et leur métier » plein d’espoirs avait souhaité des signes forts. Il leur avait été répondu : "le plein emploi" comme "l’occupation optimisée" devaient être la règle. "Les locations de matériels lumière ou autres locations massives" devaient être réduits à leur plus simple expression. "Les pré light" sur les studios ne plus être préparés sans ceux qui sont censés les organiser.
En parlant "d’organisation générale", l’anticipation et l’implication en amont des projets devaient devenir un principe, face à une "une externalisation des productions" depuis longtemps dénoncée et toujours plus dure à avaler. Enfin, "l’argent ne devait plus être gaspillé".
DES ÉCONOMIES, vous dit-on ! Le 15 Juin au « Théâtre du Merveilleux » [cela ne s’invente pas] et au « Musée des arts forains » tous deux dépendant des « Pavillons de Bercy » à partir de 20h00, les salariés de France 2 invités à faire la fête, devront le comprendre.
Tout comme devront le comprendre également ceux de France 3. C’est pourquoi et pour commencer au Festival d’animation d’Annecy organisé par la com interne auquel participeront toutes les « huiles » de la grande maison, il n’y aura au buffet qu’eux et les conseillers de programmes ; les administratrices et administrateurs sont priés de ne pas encombrer les lieux. Ils n’y sont tout simplement pas conviés – dans un souci d’économie évident – ils seront donc les premiers à participer aux travaux dans la journée pour s’abstenir de « cocktail » et ainsi participer à ce mouvement de « serrage de ceinture ciblé mais spontané ».
IL EST ENFIN VENU LE TEMPS DE « L’INTELLIGENCE INTELLIGIBLE, DU RESPECT DES
TÉLÉSPECTATEURS COMME DES PERSONNELS ET DE L’EXEMPLARITÉ DU SERVICE
PUBLIC ».
Paris, le 8 mai 2006"
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Commentaires
CGC Médias, un syndicat de jaunes pour un métier de social-traitre...
Ecrit par : Joe la Douille | 15.06.2006
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